Montrez-nous, Seigneur, votre miséricorde
Page augustinienne, n°32
Les pages augustiniennes vous aident à prier au long de l’année, grâce à des textes tirés de la grande œuvre de Saint Augustin, patron et fondateur des chanoines réguliers.
« Donnez-nous votre Salut », accordez-nous de voir votre Christ pendant que nous vivons dans ces corps de chair. Voyons-le dans la chair, puisqu’il doit nous en délivrer. Donnez cette chair qui doit sanctifier la chair, et qu’elle souffre pour racheter l’âme aussi bien que le corps. « Et donnez-nous votre Salut ».
Tel était le désir du saint vieillard Siméon. Ah ! Oui, il avait ce désir, ce saint vieillard comblé de mérites auprès de Dieu. Lui aussi répétait sans doute : « Montrez-nous, Seigneur, votre miséricorde et donnez-nous votre salut ». Et c’est quand il traduisait ses vœux par ces soupirs qu’il fut assuré de ne pas goûter la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Le Christ donc naquit. Il venait et le vieillard s’en allait, mais celui-ci ne voulait pas quitter avant de l’avoir vu. La maturité de la vieillesse l’entraînait, mais sa piété sincère le retenait.
Dès que le Christ fut descendu, fut né, dès que Siméon le vit entre les bras de sa mère, ce pieux vieillard reconnut le divin enfant, le prit dans ses mains et s’écria : « Maintenant, Seigneur, vous, laissez votre serviteur aller en paix : car mes yeux ont vu votre salut ». Voilà dans quel sens il disait : « Montrez-nous, Seigneur, votre miséricorde, et donnez-nous votre Salut ». Les vœux du vieillard se trouvèrent ainsi accomplis, quand le monde lui-même touchait à la vieillesse. Le Sauveur se donnait à ce vieillard, au moment où il visitait ce vieux monde. Mais si dès lors le monde était vieux, qu’il prête l’oreille à cet avertissement : « Chantez au Seigneur un cantique nouveau ; que toute la terre le chante au Seigneur ». A bas la vétusté, vive la nouveauté !
Sermon CLXIII
Aujourd’hui, Saint Augustin nous invite à voir la rencontre entre l’enfant Jésus et le vieillard Siméon comme le signe du renouvellement du monde par la présence de Dieu. Nous voyons le monde, à la fois la nature et la société des hommes, vieillies, lasses, usées. Pourtant, l’espérance est là, elle habite le cœur de l’univers et au plus profond des humains. Le Seigneur vient, lui, éternellement jeune, pour renouveler toute chose. Allons à sa rencontre en chantant par nos voix, par notre désir et par nos œuvres le cantique nouveau : celui de la foi, de l’espérance et de la charité.
