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Qui commet le péché est esclave du péché...

Page augustinienne, n° 8

Les pages augustiniennes vous aident à prier au long de l’année, grâce à des textes tirés de la grande œuvre de Saint Augustin, patron et fondateur des chanoines réguliers.

A quoi la Vérité veut-elle nous rendre attentifs ? (…) Que nous dit-elle donc ? « En vérité, en vérité, je vous le dis : quiconque commet le péché est esclave du péché1 ». O la misérable servitude ! Le plus souvent, quand les hommes ont de méchants maîtres, ils cherchent à se vendre : non qu’ils ne veuillent avoir aucun supérieur, mais parce qu’ils désirent en changer.

Mais l’esclave du péché, quelle ressource a-t-il à sa disposition ? Qui peut-il appeler à son secours ? Devant qui porter ses plaintes ? A quel maître se vendre ? (…) Où peut fuir l’esclave du péché ? Partout- où il dirige sa course, il se trouve avec lui. Une conscience mauvaise n’échappe jamais à elle-même, elle ne sait en quel lieu secret se retirer, car elle se suit elle-même, elle est incapable de se séparer d’elle-même ; le péché qu’elle commet se trouve au dedans d’elle. Le pécheur se rend coupable d’une faute, dans l’intention de se procurer un plaisir sensible : le plaisir passe, la faute reste : tout ce qui le charmait s’est évanoui, il ne lui reste que le tourment. O le triste esclavage ! (…) Réfugions-nous tous auprès du Christ, demandons à Dieu qu’il nous délivre de la servitude du péché : demandons à nous vendre, afin d’être rachetés au prix de son sang ; car le Seigneur a dit : « Vous avez été vendus pour rien, et vous serez rachetés « sans rançon2 ». Sans rançon qui vienne de vous, parce que votre rançon vient de moi. Le Seigneur parle ainsi, car il a payé notre rançon, non avec de l’argent, mais avec son sang. Pour nous, nous étions restés esclaves et dénués de toute ressource. Le Christ seul affranchit donc de cette servitude : jamais il n’y a été soumis, et pourtant, il en brise les chaînes ; car seul il est devenu homme sans être souillé par le péché.

In : Traité sur saint Jean 41, 4-5

1. Jean, VIII, 28 ; 2. Isa. LII, 3

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