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Il a fait l'homme et il s'est fait homme

Page augustinienne, n°25
Les pages augustiniennes vous aident à prier au long de l’année, grâce à des textes tirés de la grande œuvre de Saint Augustin, patron et fondateur des chanoines réguliers.

Entreprendrons-nous de louer le Fils de Dieu tel qu’il est dans le sein de son Père, égal et coéternel à son Père, lui qui a tout formé au ciel et sur la terre, les choses visibles et les choses invisibles, lui la vie et la lumière des hommes ?

Aucune pensée, aucune parole humaine n’en seraient capables. Pourquoi s’en étonner ? Notre langue pourrait-elle en effet célébrer dignement Celui que notre cœur ne saurait voir encore ? Oui, pourquoi s’étonner que nous ne trouvions pas de paroles pour exprimer cette Parole unique qui nous a appelés à l’existence et invités à dire d’Elle quelque chose ? […]

En écoutant toutefois et en réfléchissant un peu, peut-être pourrons-nous parler avec quelque convenance et quelque dignité, non pas du Verbe en tant qu’il était au commencement en Dieu et qu’il était « Dieu », mais du Verbe en tant qu’il « s’est fait chair » ; peut-être pourrons-nous parler du motif pour lequel il « a habité parmi nous ». Ne permettrait-il pas de parler de lui là où il s’est rendu visible ? et n’est-ce pas parce qu’il a voulu se montrer à nos yeux que nous solennisons ce jour où il a daigné naître d’une Vierge ? N’a-t-il pas voulu aussi que des hommes rapportassent à leur manière cette génération humaine ; au lieu que dans cette haute éternité où il est né égal à Dieu son Père, « qui rapportera sa génération ? » Il n’y a pas là de jour particulier à célébrer avec plus de solennité; le jour n’y passe pas pour revenir chaque année, car il y est sans fin comme il y a été sans commencement ; et ce jour éternel n’est autre que le Verbe unique de Dieu, lui qui est la vie et la lumière des hommes ; au lieu que le jour actuel où après s’être incarné il s’est montré comme l’époux qui sort du lit nuptial, s’appelle maintenant aujourd’hui comme demain s’appellera hier ; et si ce jour actuel tend à glorifier le Fils éternel de la Vierge, c’est que lui-même l’a consacré en naissant d’elle aujourd’hui.

Comment donc louer cet amour d’un Dieu ? Comment lui rendre grâces ? Quelle affection en effet ne nous témoigne-t-il pas ? C’est lui qui a fait les temps, et pour nous il est né dans le temps ; son éternité le rend bien plus ancien que le monde, et pour nous il s’est fait dans le monde plus jeune que beaucoup de ses serviteurs ; il a fait l’homme et il s’est fait homme ; il est né d’une Mère après l’avoir créée, il est prié sur les bras que lui-même a formés, attaché au sein qu’il remplit, faisant entendre dans une étable les vagissements inarticulés de l’enfance muette, quand il est le Verbe sans lequel est réduite au silence toute éloquence humaine.

Extrait du sermon 188

Dans ce texte, saint Augustin commence par nous rappeler le grand mystère de Noël : le Fils de Dieu né du Père dans l’éternité. Il se fait fils de l’homme dans le temps en naissant de la Vierge Marie. Lui qui est infiniment au-dessus est maintenant parmi nous.

Vivons notre temps de Noël en chrétiens : adorons Dieu très-Haut, émerveillons-nous devant la crèche !

Les chanoines vous souhaitent un joyeux et saint Noël !

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