Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse print Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse

« ...l'Agneau contre le loup... »

Page augustinienne, n°26
Les pages augustiniennes vous aident à prier au long de l’année, grâce à des textes tirés de la grande œuvre de Saint Augustin, patron et fondateur des chanoines réguliers.

En (…) cette victoire de Jésus-Christ Notre-Seigneur, ressuscitant et montant au ciel (…) s’est accompli l’oracle que vous venez d’entendre lire dans l’Apocalypse : « Le Lion de la tribu de Juda a vaincu (Ap 5, 5) ». Il porte le nom de Lion, et il a été immolé comme un agneau ; Lion à cause de sa force, Agneau à cause de son innocence ; Lion, parce qu’il est invincible, Agneau parce qu’il en a la douceur. Or cet Agneau, quand on l’a mis à mort, a vaincu par sa mort même le lion qui rôde cherchant quelqu’un à dévorer. Car le diable aussi a été appelé lion, non pas à cause de sa force, mais pour sa férocité. Voici comment s’exprime saint Pierre : « Il faut vous tenir en éveil contre les tentations, car le démon, votre ennemi, rôde en cherchant quelqu’un à dévorer ». Et comment rôde-t-il ? « Il rôde comme un lion rugissant, cherchant quelqu’un à dévorer (1 P 5, 8) ». Eh ! qui ne tomberait sous les dents de ce lion, si un autre lion, le Lion de la tribu de Juda, ne l’avait vaincu ? Voilà donc le Lion contre le lion, l’Agneau contre le loup. A la mort du Christ, le diable tressaillit de joie, et c’est cette mort qui l’a vaincu. Elle a été pour lui comme une amorce, il était heureux de cette mort, en sa qualité de roi de la mort ; mais cette mort qui le remplissait de joie a été pour lui un piège ; il s’est laissé prendre à la croix du Seigneur ; la mort du Sauveur a été pour lui l’hameçon fatal. Voilà en effet que ressuscite Jésus-Christ Notre-Seigneur. (…) Et maintenant, quelle gloire pour lui de monter au ciel et de siéger à la droite de son Père ! Si nous ne le voyons pas de nos yeux, nous ne l’avons pas vu non plus suspendu à la croix. C’est la foi qui nous rend certains de tout cela, c’est avec les yeux du cœur que nous le contemplons.       (Sermon 263 pour le jour de l’Ascension)